Le cas exceptionnel de Lilias Adie

Le cas exceptionnel de Lilias Adie

Apr 19, 2021

L’histoire de Lilias Adie, conservée dans les minutes de son procès en 1704, révèle le schéma frénétique et tragique des fausses accusations et des faux aveux, typique aux nombreux cas de sorcellerie.

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Dans le village de Torryburn, une femme du nom de Jean Bizet, qui « semblait ivre » selon des témoins, a commencé à porter des accusations contre Lilias, avertissant les voisins de «faire attention à ce que Lilias Adie ne tombe sur vous et votre enfant !». Bizet a continué à paraître «étrangement affolé» le lendemain, en criant: «par Dieu, il va me prendre ! par Christ il va me prendre ! O Lilly avec son pourpoint gonflant ! »

Arrêtée sur ces mots, Lilias a ensuite passé plus d'un mois en prison, où elle a été interrogée et probablement sauvagement torturée. Finalement, elle avoua, racontant l’histoire incroyable de sa rencontre avec le diable «à la moisson, avant le coucher du soleil» et de son renoncement au baptême. Elle a affirmé qu'au cours de ce «rendez-vous amoureux, le diable s’est uni à elle charnellement… sa peau était froide et sa couleur noire et pâle, il avait un chapeau sur la tête et ses pieds étaient fendus…»

Mais avant que l'exécution ne puisse être effectuée, Lilias est décédée en prison, peut-être d'un suicide. Son corps a été enterré à la hâte sur une plage, le long des rives du Fife, dans un endroit ignominieux pour l’époque : pas en terre consacrée, sans cérémonie, entre marée haute et marée basse. Et pour s'assurer que le diable ne pourrait pas réanimer son soi-disant disciple, la « simple caisse en bois » contenant son corps a été recouverte d'une grosse dalle d'une demi-tonne.

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On croyait à l'époque que Satan ressusciterait ses disciples d'entre les morts afin qu'ils puissent traquer les vivants les plus pieux. On pensait que brûler les sorcières présumées sur le bûcher résoudrait ce problème, mais dans le cas de Lilias Adie, les fonctionnaires ont dû trouver une autre solution pour se débarrasser de sa dépouille - d’où la tombe sans cérémonie, hors cimetière, surmontée d’une épaisse dalle de pierre. Étant donné que la plupart des autres sorcières accusées ont été brûlées, le site de l’enterrement de Lilias Adie, redécouvert en 2014, est la seule tombe de «sorcière» connue en Écosse.

L’archéologue du Council du Fife Douglas Speirs, qui a découvert la tombe confirme que «la pauvre Lilias a été traitée si durement même après sa mort qu’elle est presque devenue une célébrité.

Dans les siècles qui ont suivi, la tombe de Lilias a été pillée, on a pu retracer le parcours d’une partie de ses ossements jusqu’à une exposition à Glasgow en 1938.

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Heureusement, des photographies de son crâne prises à l'Université de St Andrews en 1904 ont pu être utilisées par des chercheurs de l'Université de Dundee pour créer en 2017 une image de ce à quoi elle aurait pu ressembler.

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Kate Stewart, conseillère du West Fife et des villages côtiers, a proposé un «sentier des sorcières» qui relierait Torryburn à Culross, autrefois un foyer des procès de sorcellerie. Elle a précisé que les responsables veulent «un mémorial non seulement pour Lilias Adie mais pour tous ceux qui ont péri après avoir été accusés de sorcellerie».

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Ne serait-ce pas là une nouvelle idée de balade à programmer le long de la superbe côte sur le Forth, sur les traces de Lilias Adie et des sorcières du Fife ? 😉

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