Nous n’avons pas affaire à un « plan de ...

Nous n’avons pas affaire à un « plan de paix de Trump », mais à un ultimatum géopolitique

Nov 21, 2025

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Hana Gauer

Évidemment, nous n’avons pas affaire à un « plan de paix de Trump », mais à un ultimatum géopolitique qui dépasse l’Ukraine.

Il s’agit aussi du démantèlement progressif de l’ordre européen.

Trump propose une capitulation conditionnelle en Ukraine : lever les sanctions russes, priver l’Ukraine du renseignement, bloquer les moyens militaires…

Et le Kremlin y voit exactement ce qu’il attendait : une brèche profonde dans l’unité occidentale.

Le problème devient clairement existentiel pour l’Europe.

Pour la première fois depuis 1949, l’OTAN est menacée par… Washington.

« Acceptez ma paix ou perdez la protection américaine. »

C’est la première fracture stratégique officielle et grave au sein de l’Alliance depuis sa création.

C’est pour cela que les chefs d’État européens interrompent tout pour se concerter.

Nous aurons le choix entre Chamberlain ou Churchill.

Si l’Europe cède, la Russie avancera.

Car l’article 5 — le seul verrou stratégique qui impressionnait encore Moscou — devient soudain incertain sous le chantage de Trump.

Si les États-Unis suspendent, même implicitement, leur rôle dans la dissuasion, alors le calcul russe change immédiatement :

— l’OTAN est réellement fracturé ;

— la réponse collective devient improbable ;

— une action militaire d'envergure en Europe devient « testable » ( la période de petits tests est finie, on passe aux choses plus sérieuses).

Le Kremlin a toujours cherché le premier endroit où la digue craquerait.

Trump est en train de lui en offrir plusieurs.

Zelensky, lui, est pris au piège.

Un scandale interne, une opinion majoritairement opposée à céder 20 % du pays, et en face un tandem Trump–Poutine qui use de la même méthode : demander l’impossible pour imposer l’inacceptable.

C’est exactement ce que Moscou et Washington exploitent en miroir.

L’Europe n’a pas beaucoup de marge non plus.

Si elle cède :

— Poutine considère cela comme un feu vert ;

— l’article 5 se vide de sa substance ;

— les agressions hybrides (Lettonie, Moldavie, Pologne, espace balte) deviennent probables ;

— le continent entre dans une décennie de vulnérabilité et d’agression militaire.

C’est pourquoi le plan ficelé par Steve Witkoff et Kirill Dmitrijev inclut en réalité aussi le démantèlement progressif de l’ordre européen.

Pourtant, la Russie avance comme une bête blessée.

Avec cet animal, il faut tenir la ligne, tarir ses revenus, empêcher son expansion — et empêcher Trump de transformer l’Europe en no man’s land stratégique.

Le meilleur plan, nous l’avons gaspillé entre 2022 et 2024.

Mais le pire serait de croire que celui-ci est un plan viable pour l’avenir européen.

Aujourd’hui, l’Europe doit décider, si elle veut survivre comme une entité libre ou comme un terrain de jeu des agresseurs.

Zelensky, en s’adressant à la nation cette semaine, a dit :

« Nous vivons un des moments les plus durs de notre histoire. »

Tous les chefs d’État et tous les chefs militaires devraient dire la même chose à leurs populations en Europe. Et bien plus énergiquement et avec le courage.

Pour le moment, on entend presque plus fort la 5ème colonne...

Ce qui se joue maintenant dépasse largement l’Ukraine : c’est notre propre ligne de front qui est en train de s’esquisser.

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