Ça fait bien longtemps...

Ça fait bien longtemps...

Jun 27, 2026

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Avant de commencer avec ce post je tenais à remercier et m'excuser à parts égales. Remercier tous ceux qui m'envoient de gentils messages, qui continuent à regarder et envoyer leurs belles paroles en commentaires sur la chaîne et m'excuser pour ce silence radio presque absolu. Je ne suis partie nullepart, je suis toujours là mais j'avoue que parfois rester constante sur cette chaîne me semble difficile.

Vous vous demanderez ce qui a changé, eh bien, beaucoup de choses et rien à la fois. Après une situation difficile au mois de décembre, ces derniers mois ont été une tentative de reconnexion avec moi-même. Et aujourd'hui ce que je pensais avoir construit en 6 mois n'était pas moi, le noyau de qui je suis. Donc ce n'est pas que ça n'a servi à rien, mais j'ai l'impression d'être revenue à la case départ. Même si nous savons tous que ce n'est pas vrai.

J'ai vécu une de mes plus belles découvertes, j'ai beaucoup pleuré, je me suis sentie sans défense, j'ai ressenti l'indifférence de laisser mourir le vieil homme, j'ai vécu le calme absolu, le néant, le silence, l'ennui, la paix mais pas le bonheur. Quelquefois je ne sais plus comment vivre. Alors je fais un jour à la fois. Je pleure sans raison parce que j'ai l'impression d'être la personne la plus sensible du monde. Je vis des gueules de bois littéraires* tellement fortes que je suis émotionnellement détruite pendant plusieurs jours. Durant une de ces gueules de bois j'ai tellement souffert que je pensais que je n'allais jamais me relever. Mais ça m'a enseigné quelque chose de précieux sur qui je suis. Alors maintenant j'embrasse ces gueules de bois littéraire, ces livres, merveilleux compagnons que je chéris et avec qui je partage le plus de temps. Parce que oui, ça c'est encore quelque chose que je croyais qui était mal : lire 6 heures par jour et vivre dans d'autres mondes, c'est ce qui me rend heureuse. Alors tout ça m'enseigne un peu plus qui je suis.

Voyez-vous le tableau ? Mais malgré toutes ces chutes, mes enfants sont en bonne santé, je vis sur une île paradisiaque, j'ai de bons amis, je ne manque jamais de rien, je peux me déplacer, écouter de la musique, voir mes enfants grandir, partager des moments avec mes proches. Je ne vous écris pas ça ni pour vous déprimer ni pour attirer la pitié, mais c'est juste que je pense que nous sommes nombreux à avoir ce ressenti. Et parfois, on a même l'impression que la vie est beaucoup plus simple que celle que nous nous sommes forcés à croire, mais une petite voix nous chuchote "c'est parce que tu as échoué". Alors peut-être que oui, j'ai échoué. J'ai l'info mais j'ai pas l'impression qu'elle arrive à être integrée. Je me demande même parfois si j'ai pas un double quelquepart qui ne fait que reculer et que je tire comme un boulet. Ça me consolerait de savoir que c'est la faute à autrui... Malheureusement, j'crois bien que je ne peux m'en prendre qu'à moi.

Même le vocabulaire de la dernière phrase est dérangeant...

Tout n'est pas si gris, je vais vous raconter quelque chose qui va vous donner du baume au coeur. Je vous ai déjà parlé de ma relation avec ma mère et que j'avais réussi à lui pardonner et à l'aimer. Et avec le souvenir de mon père, la chose était bien différente. J'ai toujours eu que des beaux souvenirs avec lui, malheureusement teintés de gris par les mots de ma mère. Il y a de cela 2 mois à peu près, sans prévenir, je me suis assise dans mon imagination avec mon père. Je ne me souviens absolument pas comment cela s'est passé. Seulement que pendant plusieurs jours je m'asseyais à ses côtés, sur le canapé et la seule chose que je ressentais c'était une paix immense, et sa seule présence me calmait. Alors je restais à ses côtés le soir avant de dormir. Je l'ai fait pendant 3 ou 4 jours et après j'ai oublié. 3 semaines plus tard j'ai appris la vérité de mon enfance. Enfance que je ne pouvais pas voir. C'est trop long à expliquer ici, mais juste que vous sachiez que nous savons déjà le vrai du faux mais nous ne pouvons pas le voir quand le voile des croyances est trop lourd. Uniquement quand nous sommes prêts à recevoir l'information alors nous verrons. Parce que je savais que mon père m'aimait et que ma mère m'avait détruite (inconsciemment ou pas je m'en fous). Et alors tout s'est illuminé. Mon père m'aimait et les preuves physiques m'ont été révélées. Ma mère par vengeance ou pas souffrance m'a utilisé pour calmer sa douleur. Je ne dis pas qu'elle ne m'aimait pas. Elle a elle-même vécu un enfer, mais je ne ressens que de l'indifférence maintenant pour elle. Pas de l'amour, de l'indifférence. Et je pense que c'est ça laisser mourir le vieux moi. Pas parce que je pardonne et je l'aime (ce que je croyais le vrai pardon), mais parce que le simple fait qu'elle ait existé ne me touche même pas. Un peu comme avec mon ex. Que de l'indifférence et pour rien au monde je voudrais retourner à ses côtés. Ce type d'indifférence. Et quand on parle d'un parent, vous vous doutez bien que c'est beaucoup plus fort et surtout plus dur à atteindre (j'balance une croyance au passage...).

Bref, je ne sais pas si j'ai avancé, mes rides aux coins des yeux me certifient que le temps n'est pas revenu en arrière, mais je ne sais pas. Alors, à tous ceux qui se sentent perdus, ou qui sentent simplement que vivre devient tellement compliqué qu'on ferait peut-être mieux de respirer, se poser une bière à la main (je n'appelle pas à l'alcoolisme, il manquerait plus que ça...) et de vivre un jour à la fois.

En espérant ne pas rester à nouveau 6 mois sans écrire, plein de bonnes choses pour vous.

Barbara A.

*Gueule de bois littéraire : Lire beaucoup de livres (généralement des sagas de plusieurs livres) et être tellement pris dans l'histoire que quand ça se termine c'est comme vivre une rupture. J'ai lu plusieurs sagas de 6 à 7 livres de 800 pages chacun en 10, d'où la chute émotionnelle.

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