Chers proches, amis, connaissances
Merci pour les nombreux vœux de bon anniversaire
Chaque année, j’ai peur de me répéter
Mais, immanquablement, je tiens à vous écrire quand même
Même à l’aube de mon 42e tour de manège
Dès les premières secondes de ma vie, j’ai connu l’adversité,
mais…
J’ai été chanceux…
Je n’ai jamais connu l’abandon
Certes, j’ai connu les choix de l’autre
L’absence
Mais l’abandon… celui qui détruit… jamais
Je viens d’une époque où...
Les gens comme moi étaient cantonnés au strict minimum
Au minimum syndical comme on dit
Mais…
J’ai été chanceux
On m’a vite fait comprendre que je ne devais pas..
Me gaspiller
Me contenter de n’être qu’un être minimum
Une petite coche au-dessus du rien
On m’a répété souvent, sans s’en rendre compte évidemment, que je devais être plus
Que même si chaque jour est un combat
Je devais, dans la mesure du possible, utiliser chaque jour, chaque rencontre, chaque opportunité de ma vie pour faire le bien
Je devais semer, autour de moi, des champs de bonheurs où tout le monde est à sa place… où chacun peut croitre en paix…
Est-ce que j’ai réussi?
Je ne sais pas?
Est-ce que je réussirai?
Je ne sais pas non plus
Une chose est sûre cependant…
Je n’arrêterai jamais d’essayer
Même si…
42 ans…
Je trouve ça long
Je trouve ça harassant
Me lever chaque matin dans un corps plus vieux que mon âge
Je sais qu’il est fatigué
Je sais que mon âme est aussi fatiguée
Mais…
Ce que je sais aussi…
C’est que la source de cette fatigue…
Ce n’est pas mes choix
Mais le fait d’être conscient…
Conscient et revoleté
Révolté du choix des technocrates, des populistes
Qui, drapés de faux, dégoulinants de suffisance
S’acharnent à rendre caducs
Les combats de mes sœurs et mes frères
canadiens, américains ou d’où qu’ils soient
Je sais, moi, que le sang versé ne se nettoie pas à coup de spongy pochette
Je sais, moi, que chaque parole, chaque cri de rage face à l’injustice ne s’étouffe pas à coup de genou sur la gorge
Je sais, moi, que chaque vérité, chaque droit ne se caviarde pas à coup de sharpie noir
Mais eux....
Ces gens qui nous méprisent nous ignorent
Nous utilisent pour des photo-ops
Utilisent nos différences, s’allient à nos causes
Afin de s’acheter des crédits à la bourse de la vertu et l’humanisme
Pour au final..
Être aux abonnés absents quand ça compte…
Nous servir des «On a plus d’argent»
«Faut comprendre»
«Faut y mettre du vôtre»
Ces gens-là…
Le savent-ils?
Un jour, je cesserai d’écrire
Plus tôt que tard j’en ai bien peur…
Mais sachez…
Chers proches, amis, connaissances
Que votre existence…
Dans la mienne
Aura été l’encre abreuvant la plume…
Me permettant d’écrire…
Un récit..
Unique.
