Je t'approche, tu ne fuis pas. Tu respires fort, les oreilles agitées, la truffe affolée. Blotti dans les ombres, ton corps a laissé une traînée d'herbes aplaties. J’hume l’air si particulier qui t'entoure, l'odeur de l'écorce et de la terre, de la chaleur et du temps. J'hésite, je tremble, j'ai peur. Mais tu m'attires. Je ressens les picotements de ton cœur qui cogne. Je m'assois, je guette, je tends la main, je murmure. Quelques minutes ou une éternité, peut-être.
Ton souffle s'apaise, je te crois mort. Non, tu veilles, tu dors, tu surveilles.
Nous respirons ensemble, si près l'un de l'autre. Il y a des instants que personne d'autre ne peut pénétrer. Ce qui nous lie, ténu, sableux, étrange, n'appartient qu'à nous
